Aimé jusqu'à ne plus voir devant soi et chercher dans le noir un phare trop lointain.
Aimé par dessus les tempêtes et les intempéries, aimé au travers des brumes et des raz de marées, en survivant toujours, comme d'illustres naufragés qui ont traversé la mer pour revenir en vie.
Aimé parce que c'est tout ce qu'il restait à faire et tout ce qu'il fallait accomplir, parce que sans amour tout était perdu et nous aurions coulé à pic avec le navire. Il faut avoir aimé plus qu'on ne peut le concevoir, aimé plus qu'on ne pouvait le faire. Malgré les nombreux boulets des voiles noires envoyés injustement pour nous contraindre à la colère.
Aimé la nuit, le jour, le matin, le soir, l'été, l'hiver, les jours de pluie et de beau temps.
Aimé dans la fatigue et dans le désespoir, aimé. On saura ce que c'est.